9 – Dragons

Mélusine se trouvait devant un voyageur de haut niveau. De très haut niveau… Zut.

– Oh, je vous en prie, ne la harcelez pas. Elle a fait un long voyage riche en émotions et a à peine eut le temps de se reposer, soupira Phynia.

Elle avait dû sentir le malaise de son invitée ou avait peut-être juste envie de contredire le dragonnier… Vu qu’elle était elle-même très intéressée par les voyages de Mélusine. Cette dernière profita de l’interruption de Phynia pour esquiver la question et le pousser à parler d’autre chose. Elle joignit ses mains nerveusement, habituée à monter et démonter des choses quand elle était en train de réfléchir.

– L’Atlantide ! J’en ai entendu parler mais je ne savais pas que ça avait réellement existé. Ça ressemblait à quoi ?

– Eh bien…. Vous avez vu le dessin animé Atlantide de Disney ? C’était très bien documenté. À part ces croyances de cristal et d’ancêtres… Bon les bâtiments étaient aussi couvert de plantes, mais n’étaient pas en ruine bien sûr. C’est juste bête qu’une civilisation aussi avancée ne fasse pas entretenir ses digues de protection.

Mélusine fut soulagée de voir que la conversation partait sur un tout autre sujet, et elle était plutôt contente d’en apprendre plus sur un continent qu’elle n’avait jamais visité. À vrai dire, elle l’aurait bien écouté parler de ses voyages…. Si seulement il ne posait pas de questions sur elle.

– Tu t’es mis aux dessins animés toi ?

– Bien obligé avec Nora. Il est hors de question qu’elle se farcisse le crâne de films avilissant. Du coup, on s’en fait tous deux ou trois par semaines pour qu’elle en ait au moins un à voir pour son jour de repos.

La jeune femme se détendit et se prit même à sourire. C’était était presque mignon d’apprendre comment il faisait attention aux dessins animés que regardait leur recrue… si elle n’avait pas toujours en tête le comportement qu’il avait eu envers Zwen.

Phynia, elle, fronça les sourcils en entendant ces derniers mots.

– Vous l’incluez déjà à vos activités alors qu’elle n’a que dix ans? Ce n’est pas raisonnable enfin !

– Ah non non ! On ne l’emmène pas aux attaques avec nous et on lui fait suivre sa scolarité !, se défendit Tonnerre, ne tenant pas à se mettre la maîtresse de maison à dos pour un malentendu. C’est juste que vos dragons sont de sacrés saloperies… On pouvait pas se permettre de faire attendre l’entraînement.

Le Maître hocha la tête avant de se tourner vers Mélusine.

– On ne devient pas dragonnier, on naît dragonnier. Parfois la personne l’ignore jusqu’à rencontrer accidentellement un dragon. C’est ce qui est arrivé pour l’enfant dont nous parlons.

Vivement intéressée, Mélusine commença à retourner la chose sous tous les angles dans son esprit.

– Oh, d’accord, mais comment les retrouve t-on ? Les dragons doivent être plus facilement repérables, mais le dragonnier…

– Ils sont assez rares, sauf enfants de dragonniers, expliqua Tonnerre. En général, les dragons fuyards se retrouvent près de l’Ouroukouaïlles, en Russie, en Chine… Là où il y a de fortes concentrations de créatures. Ils sont attirés par les magies familières. Et puis… Ça doit paraître idiot, mais tous les dragonniers sentent la présence de leurs collègues. Même s’ils n’ont pas encore vu de dragons.

– Oui. Bref, c’est magique, résuma le Maître avec un sourire narquois qui fit s’outrer faussement son ami.

Mélusine se pencha un peu en avant.

– C’est vraiment intéressant.

Et elle le pensait vraiment !

– Et du coup, que faites vous une fois les retrouvailles faites avec le dragon ?

– De préférence, nous les emmenons dans le pays des dragons. Parfois on fait des exceptions quand l’animal est très petit ou inoffensif, mais c’est toujours mieux de recevoir un entraînement pour être certain que tout se passe bien… Plusieurs dragonniers amateurs ont disparu en pensant pouvoir dompter leur dragon sans aide.

La situation était plus agréable pour la jeune femme. Elle ne parlait pas d’elle et le sujet de conversation était intéressant. Parfait.

– Le pays des dragons ?

– Je suppose que vous ne l’avez jamais visité… Que diriez-vous de l’ajouter à votre carnet de voyage avant de continuer votre périple ?, proposa Tonnerre.

La proposition était trop alléchante pour que Mélusine y résiste. Un endroit qu’elle n’avait pas encore visité et que visiblement elle ne pouvait pas encore atteindre avec ses propres moyens.

– Ce serait avec plaisir ! Comment on s’y rend ?

– Rien de plus simple. Il suffit d’un dragon, sourit le dragonnier.

Publié par Artémis

Autrice, artiste, exploratrice de l'imaginaire

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